Haïti : Et si les citoyens pouvaient révoquer les élus…
Publié au Nouvelliste le 27 septembre 2018 | Par Jonas Dorisca --
Sont légion, à l’échelle du globe, les pays où le mandat des élus, à quelque pouvoir qu'ils appartiennent, peut être révoqué par les citoyens pour plusieurs raisons, notamment pour promesses non tenues ou prise de décisions foncièrement contraires à leurs intérêts. Tel n'est pas le cas en Haïti. Ici, celui ou celle qui fait campagne et prend solennellement des engagements devant la population, et sur la base desquels celle-ci, entre autres déterminants du vote, lui accorde sa confiance et lui mandate de la représenter au Parlement, à l’exécutif ou au niveau des collectivités locales, une fois élu devient, dans la plupart des cas, l’opposé le plus parfait du candidat qu'il fut. C'est ainsi qu'un candidat à la députation peut promettre l’exécution d’énormes chantiers dans sa circonscription, même s'il sait pertinemment que pareilles actions ne relèvent point de la compétence d'un parlementaire et que, de ce fait, il n'aura, même à un très faible pourcentage, la capacité de matérialiser ces promesses.
Au niveau local, non sans de durs pincements de cœur, on assiste, d'une campagne électorale à l'autre, à des candidats à la municipalité faisant des promesses qui pourraient être chiffrées à plusieurs milliards de dollars américains, dépassant parfois le budget global de toute la République, quand l'enveloppe budgétaire de la mairie ne sera, sur toute la durée du mandat, que quelques millions de dollars. À chaque élection ses tonnes incommensurables de mensonges, de bluffs, et plus le poste à pourvoir est élevé, plus le sont aussi les stratagèmes sordides et les promesses fallacieuses des candidats.
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